lundi 12 décembre 2016

Tunda : le calvaire de travailler à l’étranger

Des jeunes filles à qui l’on propose d’aller en  Homan ou en Arabie saoudite sont exploitées. Une fois sur place, leur passeport, téléphones…ravis. Tunda est l’une de ces filles de Goma. Elle a été recrutée aussi dans ce cadre. Ses patrons arabes ont abusé d’elle pendant son séjour. Tunda m’a raconté son parcours d'exploitation et  comment elle a réussi se liberée de cette situation.
                     l'une des victimes d'exploitation humaine dans la rue de Goma

 

Les procédés semblent les mêmes. Des jeunes filles à qui l’on propose d’aller à Homan ou en Arabie saoudite se retrouvent, une fois arrivée, démunies de tout, travaillent beaucoup et sous pression forcement jour et nuit et parfois  exploiter  sexuellement . A l’ombre d’un parasol, assise sur sa chaise en plastique où elle vend à présent les cartes de crédit,  Tunda Sonia, 25 ans, graduée en gestion financière, taille moyenne, au teint sombre,habillée en jupe délavée, explique les consequences graves de son voyage à l'etranger << nous avons été acceuillie par une femme Arabe qui a vécue à Goma, elle est rentrée en laissant derrière elle une ONG qui nous recrutait que je ne cite pas  le nom>>  déclare telle. Selon toujours Tunda, cette ONG est sensée  modifier l’âge de la personne recrutée sur son passeport en changeant son prénom par un prénom musulman, c’est pourquoi j’ai été appelée << LATIFA AISHA>> en remplacement de  Tunda  Sonia, une fois  en Arabie, la commissionnaire, une cinquantaine,  maitrise le swahili nous conduit de  l’aéroport jusqu’à la maison de passage. C’est en ce lieu où la personne qui m’avait achetée signe avec moi, un contrat de deux ans avec un salaire de 4OO dollars Américains le mois que je n'avais jamais reçu.
Le chemin de la croix s'ouvre …
  Mais sur place, je reçois un briefing sur l’ensemble des tâches, desormais miennnes provenant de la patronne dans la cour avec un ton ferme << tu es ici pour faire la lessive, arranger les enfants( leur bain,à manger, le suivi de leur répos lorsqu'ils rentrent de l'école),  la vaisselle, préparer la nourriture y compris le thé, torchonner la maison, epoussseter les murs de ce bâtiment à trois niveaux car ici ,il y a des poussières a cause de ce raffal violant et en fin tu devras laver les trois véhicules de la cour, cela chaque jour pour que ces voitures n'en magasinent pas de poussieres >>  declare ma patronne. Du coup Tunda s'est vue son téléphone et son passeport ravis par sa patronne soit disant qu'elle évite toute distraction<< en realité ,on évitait que je communique avec ma famille et que je ne prenne pas fuite>>  en ajoutant qu'elle devrait travailler chaque jour  de 5H00 à 22 H 00. Au debut, la tâche semblait facile mais au bout de 4 mois, je sentais comme on désserrait  les os de ma colonne vertebrale et là, je n'avais plus envie de vivre se souvient  telle en essuyant les larmes sur ses yeux. En plus de ces travaux atroces, cette jeune n'a pas été payé comme prévu << sur papier, nous avons signé un contrat de 2ans avec 400 $, mais je recevais que 150$ >> s'etonne telle avec un sourir ravageur tout en soulignant qu'elle devrait finir ses tâches chaque jour de peur qu'elle puisse recommencer à zéro car elle travaillait sous l'oeil vigilant des cameras où sa patronne avait l'habitude de revisualiser les images de la geante maison, du retour de son allimentation
Retrouve sa porte de sortie
  Après ces 4 mois, j’avais envie de  me suicider car la souffrace était plus forte que moi, mais une idée m'est venue en tête qu’en plus de mes  souffrances, je ne serais accueillie au paradis par cette pendaison. c’est pourquoi je me suis décidée de jouer à la folle<< un jour après leur départ au travail, je me suis mise à déchirer les habits, me verser de la peinture noire sur la peau,casser  certains objets de la maison et même manger les restes de mourritures à la poubelle >> déclare telle en sengotant. Là, Tunda aura sa vie sauve grâce à son pseudo maladie qu’un juriste de la nationalité Kenyane d’une ONG sur place, avait plaidée pour son retour au pays.
 Interrogé sur ce phénomene, Shamwami Rigobert, membre de la société civile, accuse pour sa part  le pouvoir  de fermer les yeux << je pense que ce phénomène  est allimentée par les détenteurs du pouvoir car ils connaissent comment nos filles sont souvent emportée à l'étrager,puis exploitées et  n'en font pas grand cas >>  en ajoutant que  certaines autorités et policiers tireraient profit de ce trafic.  C'est que  nie l’un des policiers approché amicalement à l'inspection provinciale de la police mais en reconnaissant  certains cas où les mineurs étaient au point de partir avec des  faux papiers , voulant prendre l'itineraire de Bukavu via Bujumbura, elles ont été intercepté et la police aurait fait le nécessaire. Pour ce policier qui a recquis l'anonymat , ces cas sont très rares ici à Goma.
 Depuis ,Tunda  conseille aux jeunes filles qui veulent travailler à l’étranger où, elles pensent que c’est le El dorado, de faire attention car souvent le bonheur ne se retrouve pas toujours chez les voisins mais il peut être à nos côtés. Nous ignorons que la vie humaine est sacrée, aucun travail ne vaut la vie. Aujourd’hui je gagne ma vie petit à petit, grâce à la vente d’unités de téléphones et cela dans la dignité. Après mon relâchement, mon avocat m’avait exhibée les dossiers de 80 jeunes filles qui se sont donnés la mort par suicide et par pendaison apres une intense exploitation sexuelle, donc faites attention des propagandistes…que notre gouvernement ouvre bien les yeux pour arrêter ces malfaiteurs et nous crée du travail dans ce pays riche en tout.
Norbert Mwindulwa

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