samedi 10 septembre 2016

Le texto fait perdre l’orthographe


A Goma, comme ailleurs en RDC, à forcer d’envoyer des messages au téléphone, les jeunes perdre leurs notions déjà d’orthographe et de français. Au grand dam  des enseignants et des parents.

10 m3 ckil ta10 car gv 18 rmtr ca 2mé, (Dis-moi ce qu’il t’a dit car je vais lui remettre ça demain), « 7fois6 tu vil ojord8 » (Cette fois-ci tu viens aujourd’hui). L’écriture « texto »qui permet d’économiser de la place, de l’argent, de lettre quand on envoie des messages est devenu très courante dans les milieux universitaires et scolaires à Goma, comme partout au Congo démocratique. L’espace se la page alphanumérique du téléphone portable  réduit au minimum le nombre des signes et  chacun condense les mots au mieux. Avec la prolifération des portables, les élevés et étudiants donc l’habitude  d’écrire. « Avec les SMS, c’est facile et rapide car je ne tiens pas compte de l’orthographe. Mes destinataires savent déchiffrés  le contenu et c’est la règle des SMS » explique, Dieu Merci Akokwa, étudiant de l’UNIGOM. Toutefois, il reconnait qu’il en oublie son français : « souvent je me rends compte que je ne sais plus l’orthographe correct des certains mots » reconnait-il.

L’orthographe oubliée

« J’écris une lettre entière lorsqu’il s’agit d’introduire  un recours de l’administration et souvent, je me fais aider par quelqu’un pour la former » confie Jonas Kombi, étudiant en première licence  à l’institut supérieur  d’informatique et de gestion ISIG. A l’époque où les téléphones portables n’existaient pas, les jeunes échangeaient volontiers des correspondances. Ils s’appliquaient afin de ne pas donner l’occasion à leur destinataire  de mettre en cause  leur niveau  d’études. « Quand j’écrivais une lettre à mon père, je le faisais avec un dictionnaire et au moindre doute, je vérifiais l’orthographe des mots » se souvient  Justin Tabena de l’institut supérieur  de Commerce  (ISC). «   C’était un bel exercice, car l’orthographe  des mots consultés dans la Rousse restait cimentée  dans ma tête », ajoute-t-il. Par ailleurs, l’habitude d’amputer les mots et de les remplacer par des chiffres, conduit à la longue  à l’oublie de l’orthographe correcte du français. « Le niveau  du français chez les jeunes est au rabais il y a longtemps, mais le phénomène  texto est venu une fois de plus, détruire tout » estime Moise Cizungu, un parent et enseignant d’université en secouant sa tête. Pour limiter ces texto, beaucoup d’écoles de la place interdisent désormais formellement  l’utilisation des téléphones portables par des écoliers  au sein de leurs établissements notamment à l’institut ZANNER, du préfet des études Anaclet Malangula, où un article du règlement d’ordre intérieur y est consacré.

Recul du français

« La bonne orthographe est liée à l’apprentissage systématique  et à la pratique, l’écriture  et la lecture »martèle Cédric Paluku, enseignant de français  dans plus d’une école de Goma. Pour lui, c’est le manque de la lecture qui est le principal problème. Hors-mi l’enseignement lors des cours de français, les étudiants et les élèves ne fréquentent plus les bibliothèques. Des toutes façons, il n’y en a qu’une dizaine des privées qui ne comptent que des vieux livres et il faut débourser l’argent avant d’y entrer. Au niveau de l’école secondaire la situation est encore pire. Les élèves ne croient plus aux études. Pour eux, la réussite sociale  peut être atteindre autrement « français ayi nunuake bitu mu magasin »(le français ne permet pas d’acheter des articles dans le magasin, Ndlr). Des tels préjugés compliquent la tâche des enseignants de français. Nombreux d’entre eux sont découragés et ne font plus que la présence. «  L’essentiel pour moi est d’arriver à la fin du moi et de toucher mon pauvre salaire » se confie l’un ces derniers. Pour tenter de remédier a ce problème de la baisse du français, un programme de renforcement de capacité des professeurs de français a été initié pendant cette période des grandes vacances à l’alliance française de Goma. Selon Mobali M., coordonnateur de cette alliance au Nord-Kivu, ce programme va bientôt s’entendre aux écoles primaires, secondaires et même aux universités. Ils envisagent également un concours d’orthographe  pour les élèves et étudiants de la province.

Norbert Mwindulwa
ce jeune est entrain d'envoyer un texto

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire